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Revue Juridique de l’Environnement

0397-0299
 

 ARTICLE VOL 39/4 - 2014  - pp.613-614
TITRE
OCCUPY GEZI

RÉSUMÉ

Cynthia FLEURY-PERKINS Professeur à l’Université Américaine de Paris Dernier symbole en date de cette conjonction d’un élément environnemental avec un élément démocratique, la lutte pour la préservation du parc Gezi en Turquie qui a été l’en deçà d’une résistance citoyenne sur la place Taksim, et des prémisses d’une révolution culturelle plus générale. Le Parc Gezi n’est pas spécialement beau. Mais il est lui-même le dernier résistant vert d’un espace mégalopolistique dont l’expansion ne connaît pas de limites. Or Istanbul reste une histoire de frontières, de partage géographique, de cultures qui se rencontrent et s’admirent mutuellement. Mais voilà les bulldozers abattant quelques arbres, en vue d’un réaménagement du parc en centre commercial, c’était la goutte de trop. Les citoyens se sont réunis. Occupy Gezi est né. Ses tentes, sa mobilisation pacifique et résolue. Et l’aventure de la place Taksim, une aventure immédiatement globale grâce aux réseaux sociaux, est née. Immédiatement universelle dans la mesure où l’accès équitable aux ressources naturelles comme la préservation de l’habitat humain sont des questions-clés du monde contemporain. L’économie (oikos) ne permet plus de remplir son premier office, celui précisément d’habiter le monde. À l’inverse, l’économie dérégulée délocalise et exproprie. De plus, elle s’ajuste sempiternellement sur la nature jusqu’à la piller. On connaît parfaitement l’incidence terrible des boucles négatives, entre le manque de gouvernance démocratique, la question environnementale et les inégalités écologiques, et la précarisation sociale. Les trois vulnérabilités – manque de citoyenneté réelle, manque de compromis social, manque d’accès à un environnement de qualité – se renforcent mutuellement. Face à cela, la notion des commons semble connaître un renouveau. Rappelons que la fin des communaux a été identifiée par Marx, dans Le Capital (1867) comme le système qui a permis l’expropriation légaliste des paysans et leur transformation en prolétariat. Depuis, Elinor Ostrom, prix Nobel d’économie, en a fait le mode de gouvernance privilégié des ressources naturelles, car le plus protecteur des droits de l’individu en matière d’accès auxdites ressources. Les commons ne sont nullement un avatar du communisme d’État. Si certains parlent encore d’hypothèse communiste (Badiou), d’autres préfèrent évoquer « l’hypothèque communiste » pour rappeler le phénomène de captation des terres que le communisme étatique a été. Les commons, d’ailleurs, ne nient pas la validité de la propriété privée, et son inscription comme droit de l’homme. En revanche, ils refusent de considérer que la propriété est le régime exclusif de la gestion des territoires et des ressources. Là où le capitalisme dérégulé ne voit que de l’inapproprié, autrement dit de la propriété en attente de propriétaire, la philosophie des commons envisage l’inappropriable, ou ce qui garantit à tous un usage équitable des ressources. Longtemps, la nature est demeurée l’implicite, sans doute l’impensé, du contrat social. Nous savons depuis qu’il n’y a pas de contrat social sans préservation des services écosystémiques. Question écologique et protection sociale sont désormais indissociablement liées.



AUTEUR(S)
Cynthia FLEURY-PERKINS

LANGUE DE L'ARTICLE
Français

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