ACCUEIL

Consignes aux
auteurs et coordonnateurs
Nos règles d'éthique
Autres revues >>

Revue Juridique de l’Environnement

0397-0299
 

 ARTICLE VOL 39/3 - 2014  - pp.413-416
TITRE
Droit et défis écologiques du long terme

RÉSUMÉ

Les démocraties représentatives occidentales se sont toujours pensées sinon comme les meilleurs régimes possibles, au moins comme les moins mauvais comparativement à tous les autres. Or, les grands enjeux environnementaux, ceux qui nous renvoient à des changements au très long cours – à l’instar du changement climatique dont les effets directs se feront sentir pendant des milliers d’années –, nous contraignent à nuancer ce satisfecit. Les responsabilités des dites démocraties dans les dégradations subies par la biosphère au XXe siècle sont en effet écrasantes. Alors que la population a augmenté d’un facteur 3,3 de 1890 à 1990, les émissions de dioxyde de carbone ont quant à elles cru d’un facteur 17 (J. R. McNeill, Du nouveau sous le soleil, 2010). Et ce en raison des modes de vie d’une minorité de la population mondiale, celle résidant dans les pays occidentaux. On peut suivre les historiens Christophe Bonneuil et Jean-Baptiste Fressoz lorsqu’ils affirment que les commencements de l’Anthropocène mériteraient le nom d’Anglocène (L’Événement Anthropocène , 2013). Depuis le début de ce siècle leurs responsabilités ne sont en un sens pas moins importantes. Avec son paquet climat-énergie, l’Union européenne s’était engagée à réduire ses émissions de dioxyde de carbone de 20%, alors que le GIEC préconisait dans son quatrième rapport (2007) une réduction de 25 à 40% pour 2020. Les engagements européens s’élèvent à 40% pour 2030 alors qu’il conviendrait de réduire les émissions carbonées à cette échéance de 55% pour s’approcher de l’objectif des 2° maximum à la fin du siècle. De façon générale, pour permettre le développement des pays émergents ou des pays en développement, les anciens pays industriels devraient amorcer une sérieuse décrue de leur consommation de ressources. Or, tel n’est nullement le cas. Et ce n’est pas là le fait de gouvernements dévoyés, mais la volonté probablement d’une large majorité des populations de tous les anciens pays industriels. La décroissance n’y est nullement à l’ordre du jour. La volonté de prendre à bras-le-corps les grands problèmes environnementaux globaux, ceux qui affecteront pour un temps très long l’habitabilité de la planète, est partout défaillante. Il y a de puissantes raisons à cet état de choses. Les premières sont anthropologiques et renvoient à la finitude de nos capacités morales, celles de nous sentir obligés par autrui. Les secondes sont cognitives et ont à voir avec les mécanismes qui soutiennent la démocratie représentative. Le gouvernement représentatif relève par ailleurs d’un contexte plus large qui ne favorise guère la prise en compte du long terme.



AUTEUR(S)
Dominique BOURG

LANGUE DE L'ARTICLE
Français

 PRIX
GRATUIT
   
ACCÉDER A L'ARTICLE COMPLET  (128 Ko)



Mot de passe oublié ?

ABONNEZ-VOUS !

CONTACTS
Comité de
rédaction
Conditions
générales de vente

 English version >> 
Lavoisier