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Revue Juridique de l’Environnement

0397-0299
 

 ARTICLE VOL 39/2 - 2014  - pp.213-214
TITRE
ÉDITORIAL : Un droit avec l’environnement

RÉSUMÉ

Éveil de la raison. Dès les premiers âges le lien entre mot et chose est posé. La pensée se déploie dans le vivant, et compose avec les faits (« Le soleil a la largeur d’un pied humain », Héraclite, fragment 3 ). Le droit de l’environnement est une mise en situation de la norme vis-à-vis du réel. Il ouvre un espace, dans le langage des mots de la normativité, qui fait advenir le fait en une singularité. Dire « en l’espèce » est la clef de son adéquation rêvée. Voici la voie de ce qui, parmi l’élémentaire, peut se présenter en une certaine vérité issue d’une « réalité objective » (realitas objectiva, Descartes, Méditations métaphysiques, Troisième Méditation). À dire vrai : c’est un droit avec l’environnement. Nul anthropocentrisme donc : « Qui lui [l’homme] a persuadé que ce branle admirable de la voûte céleste, la lumière éternelle de ces flambeaux roulant si fièrement sur sa tête, les mouvements épouvantables de cette mer infinie, soient établis et se continuent tant de siècles, pour sa commodité et pour son service ? » (Montaigne, Les Essais, L. II, chap. XII). Tout est là, en une éclatante vérité. Le droit de l’environnement est un système juridique qui accompagne, régule, encadre les affaires humaines avec l’environnement. Tout est nuance. Les mots sont actifs. Et la nature pensée à travers ce droit est bien vivante : « l’environnement n’est pas une abstraction, mais bien l’espace où vivent les êtres humains et dont dépendent la qualité de leur vie et leur santé » (CIJ, avis consultatif, 8 juil. 1996, Licéité de la menace ou de l’emploi d’armes nucléaires : Rec. CIJ 1996, I, p. 241). La loi n’est pas la désignation pure d’une fiction, le fruit du seul raisonnement – fût-il syllogisme. La loi est autre chose, au-delà de la logique qui étincelle. Une intention. Être avec, pour ne pas être hors la nature. « Dire la terre où les noms des rois sont écrits sur les fleurs » (Dic quibus in terris inscripti nomina regum/Nascantur flores, Virgile, Bucoliques, Troisième Bucolique). Ce droit, redisons-le avec force, situe les choses de la nature dans des mots au plus juste – comprenons bien, c’est là sa raison d’être une force qui lutte contre la dévastation. Le pillage qui anéantit, que le droit formule en un trouble anormal écologique, éveille la nécessité de justesse et de justice. Raison et limites – à l’infini. La définition nominaliste du droit de l’environnement se fonde sur une affirmation : ce n’est pas représenter la nature (sur la scène du droit ou ailleurs, en politique, en économie, en science...), mais lui donner sa présence en droit. La conceptualiser, la mettre en mot en un effort d’éclaircissement ; voilà ce qui permet de mettre en perspective, de créer des rapports entre l’homme et la nature, entre la sauvegarde et l’usage.



AUTEUR(S)
Eric NAIM-GESBERT

LANGUE DE L'ARTICLE
Français

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